Le cyclone Pam de Mars 2015

Le cyclone Pam de Mars 2015

Alors que les leaders du monde sont réunis à Paris pour négocier les conclusions de la COP21, dans l’océan Pacifique les conséquences du changement climatique sont bel et bien visibles. La Nouvelle-Calédonie, avec son écosystème à la fois très riche et très fragile, enregistre déjà une hausse importante des températures, tandis qu’à Tuvalu, l’augmentation du niveau des mers fera bientôt disparaître l’archipel.

Une collectivité européenne

Située à quelques 17 000 kilomètres de la France métropolitaine et de Paris, où se tient en ce moment la COP21, la Nouvelle-Calédonie fait face elle aussi aux défis du changement climatique. Cette collectivité française “sui generis”, en plein Océan Pacifique, bénéficie depuis l’accord de Nouméa de 1998 d’une autonomie accrue qui la différencie des autres collectivités d’outre-mer (COM), comme la Polynésie française, Saint-Barthélemy, ou encore Saint-Pierre-et-Miquelon. Néanmoins, au niveau européen, ses 270 000 habitants sont soumis au statut prévu par le traité de Lisbonne, tout comme ceux des 25 autres « pays et territoire d’outre-mer » de l’Union européenne (qui appartiennent au Danemark, à la France, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni).

De plus en plus chaud

Loin de l’Europe, mais proche des problématiques environnementales qui concernent désormais tous les continents, la Nouvelle-Calédonie fait face à une augmentation constante des températures. Alors qu’à Paris on discute de limiter le réchauffement mondial à un maximum de +2° d’ici 2100, en Nouvelle-Calédonie, le cap des +2° sera déjà atteint en 2020, comme le prévoit Nicolas Bériot, le secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC). Une tendance confirmée par la Banque mondiale et l’Université de l’Est-Anglie au Royaume Uni. En l’espace d’un siècle, entre 1900 et les années 2000, les températures estivales sur l’archipel ont augmenté de plus d’un degré (de 24,3° à 25,5°), tout comme les hivernales, passées de 18,6° à 19,5°. Selon les projections de deux institutions, à la fin du XXI siècle, le thermomètre de Nouméa indiquera presque 28° durant les mois les plus chauds et au moins 22° pendant la saison plus fraîche. Un changement qui serait accompagné par une baisse des précipitations, d’ores et déjà visible.

Comme l’ensemble des Etats du pacifique Sud, la Nouvelle-Calédonie est sensible aux conséquences du changement climatique”, affirme le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, Vincent Bouvier, dans le dernier bilan de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) de Nouméa. Selon M. Bouvier, les priorités qui s’imposent pour “un archipel très dépendant dans son approvisionnement énergétique ou son éloignement des industries de valorisation des déchets” sont donc la “maîtrise des consommations énergétiques” et celle “de la production de déchets”. Durant ces 15 dernières années (2000–2014), l’ADEME de Nouvelle-Calédonie, placée sous la tutelle conjointe des ministères de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a investi quelque 23 millions d’euros surtout pour la protection de l’environnement et la gestion des déchets (56%) et sur le volet énergétique et climatique (42%). Les 2% du budget restant ont été alloués à des projets concernant la qualité de l’air.

Du point de vue de l’énergie et du climat, l’ADEME vise notamment à “limiter l’impact du territoire sur le climat au travers du volet atténuation” et à “réduire la vulnérabilité du territoire au changement climatique au travers du volet adaptation”. La richesse en biodiversité de l’archipel rime avec sa fragilité et les impacts socio-économiques sur le territoire sont nombreux : “répétition des sécheresses, déficits hydriques, évolution des productions agricoles, appauvrissement des stocks halieutiques du fait de la dégradation des récifs, variation des températures et développement de certaines maladies vectorielles”, ou encore “vulnérabilité des zones côtières urbanisées sensibles à l’élévation du niveau marin”, comme indique l’Agence de Nouméa. La hausse du niveau des mers est en effet une autre conséquence du changement climatique qui aura un impact direct sur cette partie de la planète. Si au niveau global, les océans croissent d’environ 3 mm par an, le petit archipel de Tuvalu, presqu’à mi-chemin entre la Nouvelle Calédonie et la Polynésie française, fait déjà face à une augmentation de 5 mm par an.

Tuvalu, un archipel en danger

Parmi les territoires qui pourraient être rayés de la carte planétaire, figure l’Etat des Tuvalu. Cet archipel polynésien présente les symptômes les plus significatifs d’une prochaine disparition. Face à des marées plus grandes, des vagues plus hautes, et une eau de mer qui s’infiltre dans les eaux potables, les neufs atolls qui constituent l’archipel sont de plus en plus désertés par la population. Indépendant depuis 1978, mais dont la Britannique Elisabeth II demeure la reine, ce micro-Etat compte aujourd’hui près de 12 000 habitants. Une population qui pourrait bientôt se voir contrainte de déménager de force en figurant ainsi parmi les premiers réfugiés climatiques de la planète. « L’avenir de notre peuple est déjà menacé« , a alerté le Premier ministre des Tuvalu, Enele Sopoaga, lors de son intervention au Bourget.

 

 

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