Jérusalem-Est : les jeunes prennent en main leur communauté

Les jeunes palestiniens de Jérusalem s’organisent pour améliorer la vie de leur communauté, main dans la main avec le Secours
populaire et Medical Relief Society (MRS)
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Jerusalem (c) Eloïse Bollack

Une jeunesse face à elle-même

Depuis 1967, et plus particulièrement après la construction du mur de séparation, en 2002, les conditions de vie de près de 300 000 Palestiniens de Jérusalem-Est se détériorent. Les services sociaux, sanitaires et d’éducation qui leur sont destinés restent insuffisants. Le taux de chômage, à plus de 40% chez les hommes et 85% chez les femmes, place environ 75% des hiérosolymitains et 82% des enfants sous le seuil de pauvreté. Les phénomènes d’abandon scolaire, de violence sociale et de toxicomanie sont en augmentation parmi les plus jeunes, conséquences de leurs sentiments de frustration face à un avenir incertain.

Ressouder la communauté pour redonner espoir

Avec 56 comités crées dans 25 quartiers (de la vieille ville aux villages isolés du district de Jérusalem), 14 340 jeunes mobilisés sur les deux premières années, le Secours populaire et MRS travaillent depuis trois ans à soutenir et renforcer la place des jeunes dans la communauté, avec succès. Le programme, mené de 2012 à 2015, représente un budget de 1,2 million d’euros. L’Agence Française de Développement a assuré son financement à hauteur de 50%. De la formation au brossage des dents à la santé reproductive, les interventions auprès des écoles et la formation de comités scolaires parmi les lycéens répondent à une demande accrue des enseignants et officiels palestiniens. Dans et hors du cadre scolaire, les jeunes, filles et garçons, sont enthousiastes et mobilisés sur les questions d’hygiène, d’environnement, pour se former en secourisme et animer la vie de la communauté en intervenant auprès des personnes âgées ou en organisant des animations. Avec l’envie de servir leur société et leur pays, ils attirent chaque fois plus d’aspirants volontaires. Les volontaires ne demandent aujourd’hui qu’à étendre leur action pour transmettre leur expérience aux plus jeunes et continuer ces projets sur le long terme, plus confiants aujourd’hui dans leur capacité de changement.

Témoignages

Sijal  (c) Eloïse BollackSijal, 16 ans, lycéenne, membre d’un comité de volontaires à Hizma

Avec mon comité de volontaires, on a appris à dessiner des sourires sur les visages des enfants. On a rendu nos mamans et les personnes âgées que nous rencontrons heureuses. On a démontré qu’on pouvait donner et transmettre aux autres. Les personnes de notre entourage ont apprécié nos initiatives, nos activités, et cela les a incitées à faire participer leurs propres enfants.

 

 

Mohamed (c) Eloïse BollackMohammed, 22 ans, secouriste volontaire et formateur en secourisme dans la vieille ville de Jérusalem Quand on avait 16 ou 17 ans, on lançait des pierres, et on se faisait tout de suite arrêter. On allait immédiatement en prison. Aujourd’hui, je suis devenu secouriste. Au lieu de lancer des pierres, je peux rendre service à la communauté.

 

 

 

JERUSALEM

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