Le futur Institut Pasteur de Conakry : un centre d’expertise face à Ebola

cofinancement AFD – Agence Française de Développement

Guine_ebola @unicefguinea, Photo Credit Timothy La RoseLe futur centre d’expertise de l’Institut Pasteur à Conakry constituera, à très court terme, un élément clef du système de riposte national face à l’épidémie Ebola. Grâce au soutien des autorités guinéennes, ce centre d’expertise sera rapidement en fonction pour renforcer et développer les capacités de diagnostic et de contrôle de l’épidémie. Du personnel de laboratoire guinéen sera formé et ce Centre pourrait devenir à terme une référence dans la lutte contre les fièvres hémorragiques.

 

 

« Une urgence de santé publique de portée mondiale » selon l’OMS

L’épidémie de fièvre à virus Ebola qui touche pour la première fois l’Afrique de l’ouest, avec la Guinée comme premier épicentre continue de se répandre face à l’incapacité des systèmes de santé à contenir sa progression. *

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise que l’épidémie continue à progresser de manière accélérée et alarmante. L’organisation estime que le nombre total de cas de fièvre hémorragique à virus Ebola pourrait dépasser les 20 000 au cours de cette épidémie.

Désastreuse sur le plan humain, l’épidémie a également des impacts très négatifs sur l’activité du pays, et notamment sur l’économie : détérioration des échanges commerciaux, retrait des investisseurs, baisse de la circulation des biens et des personnes, etc. Ces conséquences pourraient avoir rapidement des répercussions à long terme sur la croissance, la sécurité et le niveau de vie des populations.

La flambée actuelle se caractérise par :

  • une très forte transmission hospitalière et communautaire
  • un nombre élevé de personnels de santé touché
  • la résistance de la population envers les mesures de prévention
  • une répartition large et diversifiée, plus importante que lors d’épidémies précédentes, à la fois dans les zones de concentration urbaine, mais aussi en zone rurale enclavée et dans les zones transfrontalières

Une épidémie qui révèle cruellement le manque de personnels formés et d’équipements

L’incapacité du système de santé guinéen à réagir rapidement et efficacement au début de l’épidémie a contribué à la multiplication des foyers. L’épidémie semble aujourd’hui hors de contrôle malgré une très forte mobilisation d’organisations internationales telles que Médecins Sans Frontières (MSF), la Fédération Internationale de la Croix-Rouge, l’OMS et l’Institut Pasteur.

Peu d’organisations sont aujourd’hui compétentes pour intervenir face à ce genre d’épidémie. MSF, qui reste la principale organisation à prendre en charge l’isolement et le traitement des patients dans des structures adaptées dans les trois principaux pays affectés (Guinée, Liberia et Sierra Leone), a alerté les gouvernements et la communauté internationale sur la limitation de ses moyens et la difficile mobilisation des ressources humaines sur le long terme.

Produire un diagnostic rapide, fiable et organiser le contrôle de l’épidémie

L’absence de compétences et de capacités permettant de produire un diagnostic rapide, fiable et organiser le contrôle de l’épidémie ont conduit à une forte inertie suite à l’apparition des premiers cas Ebola. Outre le temps d’attente pour identifier le virus, propice à sa propagation, la communication défaillante et une information trop tardive pour mettre en place des mesures préventives et des mesures de protection pour le personnel de santé, une des principales raisons tient au manque d’un réseau de laboratoires non encore fonctionnel et d’un laboratoire de référence efficace.

L’ambition du futur centre d’expertise de Conakry est d’être le centre de recherche contre les fièvres hémorragiques, le lieu de formation des personnels médicaux et l’appui aux laboratoires guinéens face aux virus du type Ebola. De fait, il devrait constituer un élément-clé du plan de riposte national face aux épidémies du type Ebola

 

Un élément-clé du plan de riposte national face aux épidémies

Création de deux unités d’expertise au sein de l’Institut national de santé publique

La création de deux unités (Virologie et Entomologie) répond aux attentes exprimées par les autorités guinéennes ainsi qu’aux besoins les plus urgents).
Ces deux unités se concentreront sur les maladies à potentiel épidémique avec, dans la première phase, les arboviroses et virus de fièvres hémorragiques, qui ont fait l’objet de plusieurs épidémies majeures en Guinée (fièvre Ebola, fièvre de lassa, fièvre jaune, fièvre de la vallée du rift, grippe …) avec des impacts de morbidité et mortalité significatifs.

Formation du personnel de santé

Photo credits ©ECECHOJean-Louis MosserLe succès et la pérennité du projet repose en grande partie sur la qualité des ressources humaines locales mobilisées pour intervenir dans ce dispositif. Grâce à la mobilisation du réseau d’expertise Pasteur et notamment de l’Institut Pasteur de Dakar, le personnel sélectionné avec le ministère de Santé publique sera formé dans l’objectif de créer une équipe opérationnelle et pérenne de chercheurs et techniciens pouvant assurer une évolution graduelle des activités.

 

Impacts attendus du projet

Le projet devrait contribuer de manière significative au développement humain durable du pays par le renforcement des connaissances des risques sanitaires ainsi que des capacités de diagnostic et de contrôle des épidémies de fièvre hémorragique.
L’amélioration des connaissances et des enjeux de ce type d’épidémie va notamment contribuer à réduire la stigmatisation sur le personnel de santé et les personnes guéries. A terme, l’amélioration de la connaissance et des capacités des laboratoires nationaux devrait par ailleurs contribuer à regagner la confiance des opérateurs économiques et à la libre circulation des biens et des personnes.
Enfin, ce projet a également pour vocation d’assurer l’appropriation par les cadres nationaux de l’expertise apportée par l’équipe de l’IPP.

Moyens apportés par l’AFD

L’AFD apporte une subvention de 4 millions d’euros.

Pour en savoir plus sur l’Institut Pasteur

*En cinq mois, cette épidémie, la plus grave depuis son apparition en 1976, a fait 2909 morts sur 6242 cas officiellement répertoriés selon l’OMS (24/09/14). Le Liberia est le pays le plus affecté par le virus avec 3280 personnes touchées et 1677 morts. Puis la Sierra Leone, avec 1940 cas et 597 décès. En Guinée, 635 décès pour 1022 cas. Au Nigéria, 20 cas, 8 décès…

La Sierra Leone et la Liberia ont décrété l’état d’urgence et la Guinée l’état d’urgence sanitaire.
Si les cas confirmés en RDC (41 décès au 24/09) ne semblent ne pas être liés à l’épidémie qui frappe l’Afrique de l’Ouest, l’émergence de nouveaux foyers risque de provoquer des pressions supplémentaires sur la mobilisation des ressources humaines et financières.

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