Renforcement des collectivités territoriales de la Région de Kayes à travers la coopération décentralisée

cofinancement Conseil régional du Nord-Pas de Calais

Source de financement : 9ème Fonds Européen de Développement (FED) – Programme d’Appui à la Réforme Administrative et à la Décentralisation au Mali (PARAD)
Chef de file : Assemblée régionale de Kayes (Mali)
Partenaires : Conseil régional du Nord-Pas de Calais, Union des Communes du Cercle de Diéma (UCD)
Partenaires associés : Conseil régional d’Ile-de-France
Montant de la subvention : 156 288 euros (soit 84,77 % du total des coûts éligibles)
Durée de l’action : 28 mois
Année de mise en oeuvre : 2008

KayesDepuis 2002, et dans le contexte du processus de décentralisation initié par les autorités maliennes à la fin des années 1990, la région Nord Pas de Calais (NPDC) s’est engagée dans un partenariat de coopération décentralisée avec l’Assemblée régionale de Kayes (ARK). Cette coopération avec l’ARK s’inscrit dans la continuité d’un partenariat établi dès 1994 avec le Gouvernorat du territoire qu’administre l’ARK depuis sa création en 1999.

 

Axé principalement sur l’appui institutionnel afin de renforcer les capacités de son partenaire malien à piloter le développement de son territoire, cette coopération est par ailleurs articulée avec l’action que mène la région Ile-de France dans la région de Kayes. Ce partenariat s’est ainsi traduit par l’appui à la décentralisation apporté à certaines  collectivités locales, dont celles de Diema et Nioro, et a favorisé la création de l’Association des Municipalités du Cercle de Nioro (AMCN) et celle de l’Union des Communes
du Cercle de Diema (UCD).

Ainsi, en 2007, dans la continuité des programmes de coopération décentralisée mis en oeuvre depuis 2002 et dans un contexte marqué par le renforcement progressif de la place et du rôle des collectivités territoriales maliennes de niveau régional dans l’aménagement et la dynamisation de leur territoire, l’ARK et la région NPDC ont développé, dans le cadre de leur coopération bilatérale, l’axe portant sur l’animation territoriale.

Fin 2007, le lancement par la Délégation de l’Union européenne au Mali, et dans le cadre du Programme d’Appui à la Réforme Administrative et à la Décentralisation (PARAD), d’un appel à propositions national portant sur le renforcement institutionnel des collectivités territoriales maliennes a ainsi constitué une opportunité de renforcer la dynamique en matière d’animation territoriale engagée dans la coopération bilatérale. C’est dans ce contexte que la région NPDC a proposé à l’ARK, en partenariat avec l’UCD, de l’appuyer dans le montage et la mise en œuvre d’un projet dont l’objectif était de « promouvoir une dynamique de développement concertée visant à donner aux collectivités du territoire les moyens d’impulser et d’animer les actions de développement dans des zones prioritaires de la région de Kayes ».

Plus spécifiquement, le «Projet de Renforcement des Collectivités Territoriales de la Région de Kayes », appelé communément « Projet d’Animation Territoriale » (PAT) par ses principaux acteurs, a été motivé par le constat de l’incapacité des élus et techniciens locaux à apporter des réponses satisfaisantes aux évolutions environnementales (perturbation de l’exploitation de l’agriculture en raison d’évolutions climatiques alors même que la production ne suffisait pas aux besoins vitaux de la population) et économiques (désenclavement progressif du territoire des Cercles du nord de l’ARK n’entrainant pas de retombées économiques suffisantes en raison du manque de compétitivité de producteurs locaux encore très peu préparés à la concurrence internationale) auxquelles devaient faire face les populations locales.

Le PAT a donc visé à renforcer les capacités et la responsabilisation des collectivités territoriales de la région de Kayes dans le développement et l’aménagement de leur territoire afin qu’elles soient en mesure de favoriser la concertation des acteurs locaux publics et privés, notamment autour de la structuration des filières agricoles (maraîchage, fonio, gomme arabique), l’agriculture mobilisant 80% de la population.

Dans cette perspective, les principales activités mises en oeuvre dans le cadre du projet ont été :
– deux forums portant respectivement sur le développement territorial et « l’organisation des acteurs pour la promotion et la valorisation des produits du territoire » et sur « le multilinguisme et la décentralisation. »

Le premier forum a ainsi permis d’aborder les questions liées aux problématiques de l’enclavement et aux mécanismes pouvant impulser le développement des différents secteurs de l’économie locale.

Le second a permis de faire apparaître, audelà de la dimension politique de la reconnaissance des langues locales, les enjeux liés à la compréhension des termes et concepts de la décentralisation et de définir des propositions de réponse (élaboration et diffusion d’un lexique sur la décentralisation en Français- Bambara-Soninké-Peulh, campagne d’alphabétisation des élus suivie de sessions de formation sur la décentralisation) ;
– des voyages d’étude dans d’autres localités du Mali (Sikasso), de la région Ouest Africaine (Bakel et Tambacounda au Sénégal) et en France (Lille), dans le cadre desquels des élus, techniciens et producteurs locaux de la région de Kayes ont pu échanger dans les domaines de la planification du développement local, la gestion administrative des collectivités territoriales ou la structuration des filières agricoles, et en particulier celle de la gomme arabique ;

– des formations sur « le rôle des élus dans l’aménagement du territoire » et sur « l’intercommunalité » ;
– des concertations au niveau intercommunal et au niveau des Cercles pour identifier des filières porteuses, structurer les actions nécessaires à leur développement et favoriser le développement de cadres d’échange permanents et pérennes.

Dans ce cadre, la région NPDC a mobilisé ses ressources internes (chargée de mission à la Direction des partenariats internationaux et régionaux, antenne technique en région de Kayes) et s’est appuyée sur un consultant externe1 afin d’accompagner la coconstruction du projet et l’élaboration du dossier déposé par l’ARK auprès de l’UE. Elle a également accompagné l’ARK au travers des structures permanentes développées dans le cadre de la coopération décentralisée bilatérale préexistante (comité mixte de coopération, antenne technique) 1 Le Fonds Régional d’Appui aux Porteurs de Projets Européen (FRAPPE) est un dispositif destiné à accompagner les porteurs de projet en Nord-Pas de Calais pour leur permettre d’accéder à des fonds européens.

Ce dispositif est soutenu par la Région Nord Pas de Calais et a été mobilisé pour accompagner l’ARK et ses partenaires dans l’élaboration du PAT. et par le biais de missions assurées par ses spécialistes, ses élus et d’autres acteurs de son territoire (associations, établissements de formation agricoles, etc.) Le PAT a ainsi permis d’enclencher des dynamiques de concertation dans différentes localités de la zone d’intervention.

Depuis, l’ARK a renforcé ses effectifs en intégrant le responsable du projet sur son budget propre, répond désormais de sa propre initiative aux appels à propositions, dont ceux de l’UE (migration) et joue un rôle croissant dans l’animation de son territoire.

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