Lancement France_MAEDI_300Le 13 février, Annick Girardin, secrétaire d’Etat chargée du Développement et de la Francophonie et Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, ont lancé à Paris l’Année européenne pour le développement (AED). Pour la première fois, l’Union européenne a décidé de dédier une année spécifique à un aspect de sa politique extérieure. En présence de nombreux acteurs du développement et de la solidarité internationale, les secrétaires d’Etat sont revenus sur les événements tragiques qui ont marqué le pays au début de l’année et ont rappelé les enjeux de la politique de développement et les priorités de la France. De janvier à décembre, des actions se dérouleront dans tout le pays autour de trois axes principaux : la jeunesse comme acteur du développement, les Pays et territoires d’outre-mer (PTOM) en tant qu’acteurs clés et bénéficiaires du développement et le changement climatique qui sera l’un des fils rouges de l’AED tout au long de l’année. Pour encourager la sensibilisation et l’éducation au développement, un appel à propositions a été lancé à destination des associations.

Les jeunes, invités d’honneur de l’AED

C’est au Conseil national du développement et de la solidarité internationale (CNDSI) à Paris, que le coup d’envoi de l’Année européenne pour le développement a été donné vendredi 13 février. En présence de la secrétaire d’Etat chargée du Développement et de la Francophonie et du secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, plusieurs personnalités sont intervenues au cours de cette journée également rythmée par plusieurs ateliers de travail sur la politique de développement.

Une exposition, composée de 21 photographies de Yann Arthus-Bertrand tirées de sa célèbre série « La Terre vue du ciel », a  présenté des initiatives concrètes dans quatre secteurs : la ville, l’agriculture, la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique.

Plusieurs élèves de terminale du lycée Hilaire de Chardonnet de Chalon-sur-Saône étaient invités à cette occasion. Ces élèves se sont préparés en classe à cette journée importante. L’un d’entre eux a lu un discours remarqué sur l’engagement des jeunes dans la politique du développement et la responsabilité de tous les citoyens pour un monde plus solidaire.

Cette journée spéciale a également été l’occasion de recevoir un représentant de la jeunesse du « Sud ». Abdoulaye Diao, volontaire sénégalais, a présenté le projet WECCEE auquel il participé et qui a changé sa vie. Un projet qui permet l’échange de volontaires entre l’Aquitaine et le Sénégal.

Cet événement s’est déroulé dans le cadre de la seconde réunion du CNDSI depuis sa création. Cette nouvelle structure a vocation à compléter les nombreux échanges déjà existants entre le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et la société civile, et à encourager la réflexion collective sur des sujets stratégiques en matière de développement et de solidarité internationale.

Après la cérémonie de lancement qui se déroulait dans la matinée, des ateliers thématiques ont eu lieu l’après-midi. Ils ont porté sur les engagements pour la jeunesse dans l’agenda de l’après-2015, l’intégration des enjeux climatiques dans les politiques de développement et les Objectifs pour le développement durable, et enfin le financement du développement.

A l’issue d’une session plénière, la secrétaire d’Etat chargée du Développement et de la Francophonie devait conclure cette journée dédiée au développement.

2015, dessinons le développement de demain

2015 est une « année historique où sera décidé l’avenir de la planète (…). 2015 est notre année, c’est l’année des décisions », a rappelé Annick Girardin. Cette année, la France doit participer à la définition de l’Agenda international de développement qui succédera aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) après le sommet de l’ONU prévu en septembre prochain.  L’Etat souhaite également mettre l’accent sur le climat dans les pays en voie de développement, en vue de la conférence Paris Climat 2015, et sur les inégalités de genre et les droits des femmes. La Conférence d’Addis-Abeba sur le financement du développement en juillet sera également un temps fort de l’AED.

La secrétaire d’Etat a souligné que « cette année de débats, d’échanges, de projets », sera seulement réussie grâce à un travail commun. « Ce n’est qu’ensemble que nous relèverons le défi », a-t-elle déclaré, en rappelant l’importance des instruments financiers, dont le Fonds vert pour le climat. La stratégie jeunesse figure au cœur du dispositif de la France pour cette année européenne. « Je voudrais adresser un message à la jeunesse du monde, celui de perspective de vie meilleure », a-t-elle ajouté.

Harlem Désir a, quant à lui, insisté sur le travail de pédagogie qui devait être réalisé pour amplifier ce soutien à la politique de développement, notamment grâce à une plus grande coordination entre les Etats membres. « A l’échelle européenne, les moyens sont importants », a indiqué le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, en rappelant l’existence du Fonds européen pour le développement. Mais « pour un action efficace, il nous faut coordonner notre action à 28 », a-t-il insisté.

Revenant également sur les attentats du début de l’année, Harlem Désir a insisté sur l’importance du développement comme « élément de stabilité qui doit contribuer à garantir partout dans le monde l’accès aux droits fondamentaux, notre priorité ».

Les deux secrétaires d’Etat ont présenté les objectifs et les enjeux de la Conférence Paris Climat 2015. Un sujet sur lequel l’envoyé spécial du président de la République pour la préservation de la planète est intervenu. Dans son discours, Nicolas Hulot a adressé un message fort. « L’année 2015 est une année dont l’humanité se souviendra. A Paris, nous devons écrire un nouveau chapitre de l’aventure humaine. Nous avons une occasion magnifique de passer à un nouveau modèle de développement, basé sur la coopération, le partage et la protection ». Pour l’envoyé spécial, « la France a un rôle important à jouer pour la Conférence Paris Climat : sortir d’une forme d’orthodoxie des financements ». Mais « quand la conférence va s’ouvrir, les dés seront jetés », a-t-il prévenu.

Le président du comité d’aide au développement de l’OCDE Erik Solheim est également intervenu, ainsi que la conseillère en communication du commissaire européen à la Coopération et au Développement Neven Mimica, qui a souligné le caractère volontariste et positif de l’agenda de l’Année européenne pour le développement. « La politique européenne pour le développement, ça marche et il faut en être fier », a lancé  Maud Arnould. Enfin, la présidente du Mouvement associatif, Nadia Bellaoui, a insisté sur le rôle des associations et le besoin  de programme commun notamment pour les associations de jeune.

Le programme de travail de la France s’articule autour de 5 grandes priorités : le climat, l’égalité femmes-hommes, l’innovation et la transparence, l’éducation, la santé et la sécurité alimentaire. Il s’appuie sur des projets portés par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international, l’Agence française de développement (AFD) et le ministère des Outre-mer.

Favoriser l’engagement de la société civile

75 % des Français et 55 % des Européens s’estiment insuffisamment informés sur l’aide au développement européenne. C’est le résultat du baromètre annuel de l’Agence française de développement / Ifop 2014. Selon cette étude, 80 % des Français pensent que l’extrême pauvreté dans le monde a progressé alors que la réalité est inverse, elle a diminué, notamment grâce à l’effort de solidarité des pays riches depuis plus de 40 ans.

L’un des objectifs de la France dans le cadre de cette Année européenne est donc d’informer et de sensibiliser les citoyens français aux grands défis du développement et à l’action de l’Union européenne dans ce domaine.

Dès lors, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international souhaite soutenir des projets d’associations œuvrant à une meilleure compréhension, une plus grande implication des citoyens et favorisant des synergies entre acteurs de la société civile autour des questions de développement et de solidarité internationale. A ce titre un appel à propositions a été lancé à destination des associations.

Des initiatives portées par des institutions, des réseaux de collectivités territoriales, des entreprises, des ONG, et toute entité issue de la société civile, pourront être labellisées « AED », permettant ainsi d’augmenter leur visibilité. Grâce à cette labellisation AED2015, chacun des acteurs pourra ainsi se positionner comme force de proposition en matière de politique de développement et de participation citoyenne à la coopération internationale.

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