Les objectifs de la politique européenne du développement

 

Entreprise de recyclage au BangladeshLa politique du développement est une véritable pierre angulaire de l’activité de l’Union européenne sur la scène internationale, tout comme ses politiques de sécurité, de défense et de commerce extérieur. Ce grand chapitre de l’action de l’UE a pour mission la poursuite des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Et en assurant plus de la moitié des aides internationales, l’UE demeure le plus grand pourvoyeur au monde.

 

Les objectifs

Le traité de Lisbonne définit l’action de l’UE en matière d’aide au développement.

L’objectif principal de la coopération au développement de l’UE est « la réduction et, à terme, l’éradication de la pauvreté » (art. 208 TFUE). Dans le cadre des principes et objectifs de l’action extérieure de l’Union (art. 21. TUE), elle soutient également « le développement durable sur le plan économique, social et environnemental des pays en développement dans le but essentiel d’éradiquer la pauvreté ». Comme l’ensemble de l’action de l’UE sur la scène internationale, elle promeut par ailleurs « la démocratie, l’Etat de droit, l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme et des libertés fondamentales, le respect de la dignité humaine, les principes d’égalité et de solidarité et le respect des principes de la charte des Nations unies et du droit international » (art. 21 TUE). Enfin, l’action européenne en faveur du développement vise à réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) définis par l’Organisation des Nations unies en 2000, qu’elle a par ailleurs contribué à faire adopter.

La politique européenne pour la coopération et le développement suit donc trois grands objectifs clés : réduire la pauvreté dans le monde, encourager le développement durable et  promouvoir la démocratie, la paix et la sécurité.

Les Objectifs du millénaire pour le développement

Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), assortis de cibles et d’indicateurs, ont été adoptés par l’ONU en 2000 et avec une échéance à 2015. Ils visent à :

  1. Réduire l’extrême pauvreté et la faim,
  2. Assurer l’éducation primaire pour tous,
  3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes,
  4. Réduire la mortalité infantile,
  5. Améliorer la santé maternelle,
  6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et autres maladies,
  7. Préserver l’environnement,
  8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

L’éradication durable de la pauvreté est l’objectif prioritaire de la politique de développement de l’UE et celui qui a enregistré les avancées les plus considérables. Depuis 1990, en effet, le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue a diminué de 600 millions. Cependant, des progrès restent à faire pour remplir les autres OMD. Par exemple, « réduire la mortalité maternelle et infantile et assurer un approvisionnement en eau potable font partie des objectifs les plus difficiles à atteindre », analyse l’exécutif européen.

Dans le cadre des OMD, l’UE s’est engagée à fournir une aide plus conséquente et de meilleure qualité aux pays en voie de développement. Dans le cadre du Consensus de Monterrey sur le financement du développement, les Etats membres se sont engagés à consacrer collectivement 0,7% de son revenu national brut (RNB) au développement d’ici à 2015. En 2013, l’aide au développement de l’Union européenne, provenant des fonds européens mais aussi des budgets nationaux des États membres, représentait 56,2 milliards d’euros, une somme qui correspond à 0,43 % du revenu national brut (RNB) de l’UE, comme l’indique la Commission européenne.

L’Union européenne joue également un rôle actif dans la promotion et mise en œuvre des principes de l’efficacité de l’aide. Elle promeut ainsi « l’appropriation par les pays bénéficiaires et la reddition de comptes, la coordination entre Etats membres et Commission (notamment via un code de conduite sur la complémentarité et la division du travail), la cohérence des politiques pouvant avoir un impact sur le développement (commerciales, migratoires…), ainsi que la prévisibilité de l’aide ». Etablis par la Déclaration de Paris en 2005 et par le Programme d’action d’Accra en 2008, ces principes ont été réaffirmés lors du Forum de Busan en 2011. Dans cette ville de la Corée du Sud, un partenariat pour une coopération efficace au service du développement a été élaboré.

Définition : la pauvreté absolue

La pauvreté absolue est la conception la plus restrictive de la pauvreté. Elle prend en compte les besoins strictement incompressibles : ceux dont la satisfaction serait indispensable à la survie de l’individu (nourriture, vêtements, logement, etc.). Sont considérées comme pauvres les personnes dont les revenus ne permettent pas de se procurer un panier de biens correspondant à ces besoins. Le minimum vital peut varier d’un pays à l’autre, malgré sa fixation à 1,25 dollars par jour par l’ONU.

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Evolutions

« Les cinq prochaines années seront cruciales pour la coopération internationale et le développement », écrit la Commission européenne, « l’un des enjeux majeurs sera la négociation d’un cadre universel en matière d’éradication de la pauvreté et de développement durable pour l’après–2015 ».

Les Objectifs du millénaire pour le développement définis en 2000 seront en effet remplacés en 2015 par un nouveau cadre. Pour cette période, le programme de l’Union contre la pauvreté et pour le développement durable est défini par la communication intitulée « Une vie décente pour tous : de la vision à l’action collective », publiée par la Commission en juin 2014.

D’après l’exécutif européen, « le nouveau cadre devrait assurer des conditions de vie élémentaires, promouvoir une croissance inclusive et durable, contribuer à la gestion durable de nos ressources naturelles, garantir la justice, l’équité et l’égalité et tenir compte de la situation particulière des pays en conflit et en situation de fragilité ». L’UE ouvrira également des nouvelles négociations en vue d’un accord post-Cotonou avec les pays ACP et pour le renforcement du partenariat stratégique avec l’Afrique. Le respect des droits de l’homme, la bonne gouvernance et l’égalité entre les hommes et les femmes seront des points prioritaires dans tous les dialogues et les programmes d’aide avec les pays partenaires.

Dans ce contexte, 2015 demeure une année capitale et c’est pourquoi elle a été désignée « Année européenne du développement », sur le thème « Notre monde, notre dignité, notre avenir ». Durant cette année, les institutions de l’UE et ses pays membres mèneront des activités « visant à informer le grand public des actions de coopération au développement engagées, ainsi qu’à encourager l’esprit critique et la participation des citoyens ».

En savoir plus

http://www.rpfrance.eu/La-politique-europeenne-de,2025 http://europa.eu/pol/pdf/flipbook/fr/development_cooperation_fr.pdf